Un petit restaurant à Sousse

Restaurant Tabouna, Khezma Sousse

Aujourd’hui, je vous livre mon expérience culinaire, un petit restaurant/fast food qui s’appelle « Tabouna ». Tabouna c’est le pain traditionnel tunisien plat, à base de semoule et vraiment délicieux surtout à la sortie du four quand il est encore bien chaud.

Ce restaurant propose des mlawis, (sorte de galette) des tacos, des galettes au blé complet , des corners … agrémentés de thon, escalopes, shawarmas (ressemble à la viande des kebabs français) and so on. Outre que c’est délicieux, le décors vaut le détour. Même les assiettes fleurissent bon la Tunisie ou plutôt, devais-je dire, le plat individuel.

L’adresse : Rue Imam Mouslem Khezma West Sousse : contact : 27 77 11 05

Je vous laisse apprécier !

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Mlawi shawarma avec des variantes (olives et légumes au vinaigre), des frittes et les sauces. Pour vous donnez une idée des prix, mon mlawi 4,2 dinars

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Galette complète, garniture escalope d’une amie

Gentillesse, serviabilité, hospitalité…

Gentillesse, serviabilité, hospitalité… une après-midi à Hammam-Sousse

L’après midi était ensoleillé et j’avais rendez-vous avec Amira, une jeune amie afin qu’elle fasse la promotion de son activité : professeur de français, mais un professeur un peu spécial qui s’adressera à des enfants de 6 à 14 ans et qui enseignera à travers la réalisation d’activités ludiques : cuisine, jardinage, médiation, yoga, jeux, chansons… vous pouvez d’ailleurs la joindre ici : frenchpassiontn@gmail.com.

En l’attendant, je flânais dans le magasin Guérisold, vaste friperie du rond-point de Menchia ayant la flemme d’aller plus loin. A force de regarder et de voguer de portants en portants, je trouvais 2 ou 3 choses que j’essayai et deux que j’achetai, à 2 dinars pièce, je ne m’étais pas ruinée.

Après nous devions nous retrouver devant la poste où était installé un podium. Là elle fut invitée à se promouvoir. Mon amie s’était maquillée et était joliment vêtue pour la circonstance. J’avais moins aussi posé une pointe de mascara et d’ombre à paupières sur mes yeux. Avant sa prestation, nous avions rejoint une très aimable bibliothécaire Feten que je connais étant inscrite à sa bibliothèque, et qui est de plus une parente d’Amira.

Le petit speach commencé en français et poursuivit en arabe, mon amie distribua des flyers.

Maison de la culture de Hammam-Sousse

Danse, théâtre, peinture à Hammam-Sousse

Puis Feten, nous entraîna vers la maison de la culture à 2 pas de là, afin qu’Amira puisse présenter son activité. Nous voilà passant de bureau en salles, à chaque fois très aimablement reçues, faisant parfois la bise (à de parfaites inconnues). Le directeur, charmant, que je trouvai très bien de sa personne, puis des professeurs, hommes ou femmes occupant différentes salles, proposent des ateliers de peinture « classique », peinture sur soie, sur verre, théâtre pour adulte, théâtre pour enfant, danse pour enfants et adolescents. Quand je dis « dommage, rien pour adulte » au club de danse, le jeune homme qui nous recevait nous indiqua, qu’en fait le cours ado, était aussi pour les plus avancés en âge ! Bref j’étais un peu surprise de découvrir tout cela et bien tentée par la danse. Feten, petite femme souriante et serviable nous a emmenées partout avec la même gentillesse du début à la fin. Je ne parlerai jamais assez de la serviabilité, de la bonne humeur et de l’accueil des tunisiens et tunisiennes !

Salon de coiffure à Hammam-Sousse et petits gâteaux

Après ce vaste tour d’horizon, nous avons pris le chemin du retour, nous promenant dans les ruelles de Hammam-Sousse, jusqu’à la porte d’un salon de coiffure dont Amira m’avait parlé et que le hasard plaçait sur notre chemin. Salon, tenu par une de ses cousines. La porte ne laissait pas présager ce petit écrin, super mignon, blanc et rouge, très coquet. Je suis toujours surprise de trouver de tels lieux, à l’abri des regards mais attachants. De plus la coiffeuse est compétente et suis exactement les instructions des clientes. Quand vous dites, coupez 3 centimètres, vous ne vous retrouvez pas avec 15 centimètres de moins !

Nous nous sommes installées pour discuter un peu et par une autre porte intérieure cette fois, avons gagné la cour immense, blanche et bleue de l’habitation où la maitresse de maison vaquait à ses occupations. J’avais là l’exemple typique de la maison arabe, des pièces entourant la cour. Là après les présentations, nous avons été conviées à la dégustation d’un café et d’un gâteau. Toute la famille présente m’a été présentée dont une autre de leur fille Fatma et son mari palestinien Mohamed qui est resté deux ans aux Etats Unis et qui a aussi séjourné en France. Le jeune couple s’est connu en cours de langue dispensé par la jeune femme, monsieur continuant en Tunisie des études de journaliste.

Nous avons parlé de la Palestine où dans sa ville, vol, viol, meurtre, insécurité n’existent pas, chacun se soutenant face à des conditions de vie difficile face à Israël. Ces jeunes gens étaient visiblement amoureux, et Amira m’a indiqué après que les parents aussi s’aimaient et formaient un couple uni. D’ailleurs avant qu’elle ne me confie tout cela, je lui avait fait remarquer, l’harmonie qui semblait régner entre tous les membres de la famille. Le fait mérite d’être souligné car en Tunisie le taux de divorce est encore plus élevé qu’en France. D’ailleurs, petit aparté, je me souviens d’une première visite chez une doctoresse où la secrétaire enregistrait mes coordonnées et me demandait ma situation familiale. J’avais répondu « divorcée » et cette femme sympathique de renchérir : « ici en Tunisie, on se marie au printemps et on divorce en automne ! » J’avais bien ri.

Des petits riens qui font tout

Après un au revoir, nous voici déambulant dans les rues, levant le nez au ciel vers les chaussures accrochées sur les fils électriques. Incongru d’en voir autant ! et rentrant doucement chacune à son domicile.

Une journée comme je les aime où presque rien n’avait été planifié mais où la découverte des autres est un enrichissement.

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Sidi Bou Saïd

Sidi Bou Saïd est LE village de Tunisie qu’il faut visiter. Dominant la mer, il aligne les maisons blanches et bleues, aussi bleues que le ciel dans un air de paradis. Derrière des portes ouvragées, l’imagination s’envole vers quelques belles orientales, des raffinements dignes des mille et une nuits et des patios embaumés par les jasmins, habillés des couleurs des bougainvillées et du murmure de fontaines.

Beaucoup d’artistes ont succombé au charme des ruelles étroites et pentues, au thé à la menthe agrémenté de pignons ou d’amandes. Gide, Colette, Simone de Beauvoir ont posé là leurs valises, comme Flaubert et Chateaubriand en d’autres temps. Carthage en contre bas et le petit port de pêcheurs ajoutent au charme des lieux.

Patrick Bruel n’a-t-il pas chanté le Café des Délices, là où tout est délice !

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Emel Mathlouthi: plus qu’une chanteuse engagée !

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Emel est une chanteuse tunisienne née en 1982 à Tunis que j’ai découverte sur YouTube au hasard de mes pérégrinations et que j’ai aimée d’emblée. Sa musique correspond à ce que je cherchais depuis un moment déjà, et que je découvre sa nationalité m’a ravie puisque je peux vous parler de son talent. Ayant du point de vue musical des gouts très éclectiques, je suis passée de la variété russe à Emel !

Mais parlons d’Emel. Enfant, à Tunis, elle n’a déjà qu’une passion la musique; elle se réveille dans les notes de Vivaldi. Plus tard, elle découvre les Pink Floyd, Joni Mitchell, Joan Baez, Chikh Imam (égyptien), Marcel Khalifa (libanais) et bien d’autres artistes encore…

Elle n’envisage pourtant pas des études musicales, démarre un cursus d’architecture, une prépa d’école d’ingénieurs, bifurque vers le graphisme. Elle crée son groupe métal « Idiome » qui se produit à l’insu de ses parents et surtout de sa mère « Ce n’était pas bien pour une jeune fille d’être chanteuse ». Vis à vis de ses parents, elle opine donc du bonnet mais poursuit son chemin et se fait un nom sur les réseaux sociaux.

Cette jeune femme auteure-compositrice est une artiste engagée qui a d’abord été révélée par le public. Lors de la révolution arabe de 2011, elle est en Tunisie pour une série de concerts.

En janvier 2012, elle sort son premier album studio, « Kelmi Horra », Ma parole est libre.

En 2013, elle écrit une nouvelle chanson intitulée « Ma Katlou Had » : Personne ne l’a tué, en hommage à l’opposant politique Chokri Belaïd assassiné en février de la même année. Toujours en 2013, elle participe à un concert à Téhéran en Iran, pays où les femmes n’ont plus le droit de chanter seules, sans la présence d’hommes qui couvrent leurs voix !

En 2015, elle chante à Oslo en Norvège pour la remise du prix Nobel de la paix au « Quartet du dialogue national tunisien » qui a œuvré pour la démocratisation du pays.

Plus récemment en 2017, la chanteuse tunisienne est écartée de la programmation du Festival International de Carthage, après des mois de travail autour d’une œuvre originale. Sous la pression du public et des médias, elle réintègre la liste des artistes et se produit le 12 août ; c’est une victoire pour la liberté d’expression. Elle souhaite d’ailleurs tourner un documentaire retraçant son combat : « Ce concert impossible »

La même année, elle crée son second album « Ensen », Humain, sous le label Parsisan Records. Pour ce nouvel opus, elle s’entoure de l’ingénieur du son et compositeur islandais Valgeir Sigurosson.

Emel se nourrit de rock, de métal, de trip-hop et de tradition. En mars 2017, le Metropolitan Museum de New York la sollicite pour un concert avec d’autres artistes étrangères. Elle découvre alors stupéfaite que le concert est intitulé « Muslim women’s voices » : Voix de femmes musulmanes. « Est-ce que les chanteurs blancs sont ainsi définis ? Non on va saluer leur audace musicale et artistique sans se soucier de leurs origines ! s’insurge-t-elle. « Je voudrais, de la même manière que l’on donne de la considération pour ma voix, que l’on ne me regarde pas, sous prétexte que je viens de Tunisie, sous le prisme de l’orientalisme, de l’exotisme ou de la militante engagée. », même si elle revendique ses combats. Elle bataille tant et tant que le concert s’intitulera finalement « Women’s voices ».

En 2018, elle participe au Festival International des Nuits d’Afrique à Montréal.

Les paroles de sa chanson culte :

Kelmi Horra : Ma parole est libre

Je suis ceux qui sont libres et n’ont pas peur

Je suis les secrets qui ne mourront jamais

Je suis la voix de ceux qui n’abandonneront pas

Je suis la raison au sein du chaos

Je suis le droit des opprimés

Qui est bradé par ces chiens

Qui privent le peuple de leur pain quotidien

Et claquent la porte au nez des idées

Je suis ceux qui sont libres et n’ont pas peur

Je suis les secrets qui ne mourront jamais

Je suis la voix de ceux qui n’abandonneront pas

Je suis libre et ma parole est libre

Je suis libre et ma parole est libre

N’oubliez pas le prix du pain

Et n’oubliez pas les causes de notre misère

Et n’oubliez pas qui nous a trahi quand nous étions dans le besoin

Je suis ceux qui sont libres et n’ont pas peur

Je suis les secrets qui ne mourront jamais

Je suis la voix de ceux qui n’abandonneront pas

Je suis le secret de la rose rouge

Dont la couleur était aimée des années

Dont le parfum a été immergé par les rivières

Et qui a pris tel un feu

Appelant ceux qui sont libres

Je suis étoile brillant dans la nuit

Je suis épine dans la gorge de l’oppresseur

Je suis vent touché par le feu

Je suis l’âme de ceux qui ne sont pas oubliés

Je suis la voix de ceux qui ne sont pas morts

Changeons l’acier en argile

Dont nous façonnerons un nouvel amour

Qui deviendra oiseau

Qui deviendra foyer

Qui deviendra vent et pluie

Je suis tous les hommes libres rassemblés

Je suis comme une balle de fusil

Je suis tous les hommes libres rassemblés

Je suis comme une balle de fusil

Traduction de Faëriel que vous trouverez ici https://lyricstranslate.com/fr/ma-parole-est-libre-كلمتي-حرة-kelmti-horra-ma-parole-est-libre.html

Ecoutez Emel Mathlouti ici https://www.youtube.com/watch?v=wJ79iEfus8E Kelmti Horra

et une chanson que j’adore :https://www.youtube.com/watch?v=s1ffomwojRI Oum ezzin el Jamaliya

Voilà une artiste de caractère à suivre et surtout à écouter.

Artisanat tunisien

Je vais déroger à la règle de la publication du vendredi en vous proposant cet article ou plutôt ces photos dont vous excuserez la qualité vraiment pas top, mon téléphone est en fin de vie ! Hier je me suis rendue au Jazz Café de Sousse pour une petite exposition artisanale. Une vingtaine d’artisans étaient installés et de très jolis articles présentés. Très sympathique initiative :

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Bijoux en résine sentant super bons                 Bois d’olivier, bougeoirs

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Bracelets                                                                      Sacs, pochettes…

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Friandises                                                                  Plantes

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Pochettes de deux artisans différents

Prochaine manifestation prévue :

Soirée Beaujolais

Superstitions en Tunisie

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Attirer la chance, éloigner le mauvais œil, quelle civilisation peut se vanter de ne pas avoir son lot de superstitions ?

Comment chez nous, il ne faut pas passer sous une échelle ou croiser un chat noir, un hibou, ouvrir un parapluie dans la maison, mettre le pain à l’envers … Le chiffre 13 surtout le vendredi, suscite des comportements extrêmes allant de : je ne vais pas bouger aujourd’hui, à, je dois absolument jouer aux jeux de hasard. Au fait si vous êtes phobique ce fameux vendredi 13, vous êtes : paraskevidékatriaphobe ! (entrainez-vous à prononcer !).

Certaines superstitions de nos amis tunisiens vont vous surprendre. Elles ne sont ni pires, ni mieux que les autres, simplement différentes.

  • Parfum : Ne pas offrir de parfum à un homme, il paraît que ça porte malheur !
  • Ciseaux et couteaux : il est absolument interdit de remuer un couteau dans un récipient ou de jouer avec des ciseaux dans le vide, cela pourrait causer des conflits et des disputes en famille.
  • Hurlement des chiens : il faut dire que cela n’a rien d’agréable.
  • Condoléances : ne pas passer dans une autre maison après être allé dans la maison du mort, se rendre obligatoirement par un lieu public avant sinon vous aller transporter le malheur avec vous et si ce n’est pas possible, allez aux toilettes et faites pipi avant même de parler aux habitants.
  • Main gauche : Ne pas manger avec la main gauche, ni écrire… Satan est là !
  • Paire de chaussures superposées serait le signe d’un départ imminent.
  • Café qui déborde prédirait un gain d’argent, ou si une grosse bulle s’est formée à la surface de la tasse, cela représente aussi du « flous ». Il faut alors écraser la bulle au creux de sa paume pour toucher l’argent.
  • Chaussure mise à l’envers oblige à la remettre à l’endroit de peur que « le diable ne prie dessus. »
  • Papillon de nuit présage l’arrivée d’un invité surprise.
  • Oeil gauche ou droit qui tressaute augurerait soit un excellent présage, soit un mauvais présage.
  • Paume de la main qui démange supposerait une dépense ou un gain d’argent selon que c’est la main gauche ou la main droite.
  • Nez qui démange, vous allez embrasser quelqu’un.
  • Balai : Ne pas balayer son perron la nuit, ça porte malheur, les anges et la « baraka » quittent alors la maison.
  • Tortues : Avoir des tortues dans la maison porte bonheur, ne pas oublier sa tortue pour réussir des examens !
  • Eau: Renverser de l’eau au départ d’un voyageur le protège, cette vieille tradition berbère se pratique encore.
  • Fer à cheval ou poisson : accrocher un fer à cheval ou une queue de poisson sur la porte de sa maison éloigne les forces du mal, attire la fertilité et la chance, bon il vaut mieux le fer à cheval question odeur !
  • Faire cuire un œuf dans le « kanoun » (sorte de barbecue en terre cuite) pendant la prière de midi protège du mauvais œil.

Achetez une main de fatma (Khomsa), une amulette avec un oeil bleu ou des graines de nigelle afin d’éloigner le mauvais sort et faites bruler de l’encens, en plus de disperser du sel un peu partout, vous serez protégé de tous les démons qui vous guettent !

Finissez-en avec la scoumoune, bonne chance !

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Virginité en Tunisie

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 Marialeina Illustratrice

Ne touchez pas au fruit défendu !

Si en Europe, tout le monde se moque de ce détail, chacun et chacune essayant de s’en débarrasser au plus vite et même parfois 18 années semblent être un âge canonique pour éliminer cette petite chose appelée virginité ; il n’en va pas de même en Tunisie où la sexualité est un sujet tabou.

Oui, il existe des femmes encore vierges à 30 ans, 40 ans et 50 ans… La virginité est sacralisée comme chez nous à d’autres époques.

Comment la nuit de noce se déroule-t-elle dans un tel contexte ?

1 – L’hymen rompu sans saignement. Qu’en est-il des femmes dont l’hymen est élastique ? et ne saigne pas, ce qui est fréquent ! Le marié peut emmener le lendemain sa femme chez le gynécologue pour vérifier si elle était vierge ou pas. Imaginez un peu le ressenti de la jeune mariée ? Pas de mots pour décrire cette suspicion. Comment peut-on construire une relation de confiance dans le couple sur de telles bases ? Ça commence vraiment mal. Tout ceci par un manque de connaissance du corps, d’éducation sexuelle, etc.

2 – L’hymen trop résistant : D’autres éprouveront la honte de leur vie à cause d’un hymen ultra résistant (et un conjoint un peu brutal car inexpérimenté ou incompétent) qui lors de sa rupture provoquera une hémorragie et un départ en catastrophe chez un médecin. Pas mieux !

3 – L’hymen « normal »: Enfin, il existe les cas «  normaux », un léger saignement avec l’exposition d’un drap le lendemain, où dans d’autres familles, le fait d’allumer une bougie à la fenêtre pour signifier que tout c’est bien passé : vraiment ?

Cette sacralité de la virginité de la femme persiste surtout dans les milieux ruraux mais tout dépend des familles. En ville aussi, les traditions perdurent.

Qu’en est-il des hommes ? « Ils se considèrent comme étant les plus concernés par la question, tant l’hymen de la future épouse est conçu comme un capital dont ils sont les détenteurs légitimes » explique Raoudha El Guédri, sociologue ayant écrit une thèse sur « les usages sociopolitiques du corps dans la Tunisie post-révolutionnaire (2011_2014) ».

Bref vous aurez compris, la pression familiale, traditionnelle, religieuse est très forte. Un certificat de virginité peut même être demandé par le futur mari ! Le comble de l’archaïsme et du soupçon !

De plus, le fait que les relations sexuelles soient un sujet tabou, entraine des comportements « illégitimes ».

-Parlons d’abord de l’hyménoplastie, il s’agit de l’acte médical qui permet à la femme via une chirurgie plastique de retrouver une seconde virginité ! Beaucoup d’hommes préfèrent ne pas aborder le sujet, certains disent pouvoir distinguer un vrai hymen d’un faux. Ils pratiquent alors la politique de l’autruche, il vaut mieux un faux hymen que  savoir que leur compagne est déflorée. L’affaire est complexe ! Ces messieurs veulent épouser des vierges mais ont eu des relations sexuelles avec des femmes de leur âge avant, donc ils se doutent bien qu’il existe des chances que leurs compagnes aient perdu leur virginité quelque part.

-Autre moyen de détourner la virginité est d’avoir recours à la sodomie, entre autres attouchements. La pratique est beaucoup plus courante que certains ne le pensent. La future épousée doit rester vierge à tout prix !

– Les hommes peuvent avoir aussi lors de leur première expérience sexuelle avoir recours à une prostituée. Quelle misère ! Ceci existait encore beaucoup en France dans les années 50.

« Il ne faut pas imaginer que les Tunisiennes sont toutes émancipées sexuellement et assument leur sexualité, certaines d’entre elles sont conduites à des pratiques sexuelles (avec ou sans défloraison) pour satisfaire leurs bien-aimés, ce qui se traduit par des rapports de genre inégalitaires au profit de l’homme, sous différentes formes de contraintes. Il n’existe pas également de liens automatiques entre profils socio-économiques (niveau d’instruction, appartenance à une classe sociale, origine géographique…) et attitudes/pratiques face à la question de la virginité », conclut la sociologue Raoudha El Guédi.

Cette constance du sexe tabou mène les jeunes à chercher d’autres moyens de se renseigner, d’assouvir leurs pulsions, et quoi de mieux ou plutôt de pire qu’internet. Internet, ce sont les sites pornographiques consultés régulièrement et qui donnent une vision tronquée de l’acte sexuel. Il est bien plus mauvais pour des jeunes sans expérience de visionner des vidéos que ne correspondent en rien à la réalité de l’acte sexuel, que d’avoir une vraie éducation sexuelle dans le cadre scolaire ou familial. Rien de réel dans tout cela mais une schématisation dangereuse où la femme joue encore le mauvais rôle, celui d’un objet. Elle sera finalement traitée comme les actrices de ces films X. L’homme, quant à lui, aura peur de ne pas être à la hauteur !

Tout cela conduit à des troubles sexuels divers aussi bien chez la femme que chez l’homme.

  • Pour la femme, le vaginisme est alors fréquent. Le vaginisme est une contraction musculaire prolongée ou récurrente des muscles du plancher pelvien qui entourent l’ouverture du vagin. Cette action réflexe, involontaire et incontrôlable, empêche de façon persistante toute pénétration vaginale. Hind Elloumi, psychiatre et sexologue explique : « Si les troubles sexuels existent partout, leur cause diffère selon la culture qui prévaut dans une société donnée. Le vaginisme par exemple, peut être la conséquence d’une mauvaise expérience pour une femme libérée sexuellement mais il est généralement la conséquence d’une propulsion soudaine et non préparée d’une fille dans la vie sexuelle après le mariage. De la chasteté inculquée et prônée avant le mariage à la répression des pulsions sexuelles, la femme se trouve du jour au lendemain amenée à avoir une vie sexuelle sans être armée de suffisamment d’informations en la matière si ce n’est des anecdotes racontées par les amies et les cousines ».
  • Pour l’homme, ce seront des troubles érectiles d’origine psychosomatique induits par le même manque d’informations et tout aussi graves.

En Tunisie, le rythme des relations sexuelles au sein des couples mariés est plus bas que ceux hors mariage. Cherchez l’erreur ! Peut-être un mauvais départ ! Que d’histoires pour un petit bout de chair insignifiant et que de conséquences psychologiques à gérer aussi bien pour les hommes que pour les femmes !

Il faut espérer que dans certains cas de personnes plus « modernes », tout se passe au mieux dans le meilleur des mondes !

Donc voyageurs, ne parlez pas de sexe à tort et à travers, ce ne sera vraiment pas bien vu, pudeur vraie ou fausse à respecter !

Ciel nuageux de jeunes mariés !!!

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Patience !

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Votre patience sera souvent mise à rude épreuve. Vous allez devoir gérer au mieux les diverses et coutumières attentes. Les Tunisiens vivent à un autre rythme que nous, à tort où à raison, peu importe, vous devrez faire avec.

En France quand vous avez un rendez-vous, vous le notez dans votre agenda ou dans votre tête et sauf imprévu, vous arrivez à l’heure. Seul le fameux 1/4 bressan est autorisé et pardonné.

Ici vous notez bien sûr ce rendez-vous, vous vous y rendez à l’heure et… Personne ! Vous poireautez un peu, beaucoup (pas passionnément évidemment) jusqu’à appeler votre lâcheur qui tout étonné vous dira mais « tu n’as pas  rappelé pour confirmer ! » Ainsi vous vous souviendrez de la règle numéro 1:

  • Rappeler une heure ou deux avant le rendrez-vous même si le dit rendez-vous date de la veille au soir. Beaucoup de choses ont pu se passer depuis. Il a peut être oublié qu’il devait déposer les enfants à l’école, au sport, sa femme chez le coiffeur … Plein de priorités, n’est-ce pas ?
  • Patientez toujours. Le rendez-vous confirmé, le temps est élastique. Vous attendez, c’est normal. Il a rencontré Rachid, Kamel et les autres ; il avait à régler une urgence de dernière minute…

Quand enfin il arrive ou elle arrive, vous pensez à juste titre que vous allez discuter dans un bureau climatisé, au calme. Que nenni !

  • Le café est le lieu de rendez-vous habituel, obligé. Votre interlocuteur vous emmènera dans un café pour hommes, basique ou un salon de thé plus chic selon son niveau de vie. Vous subirez le brouhaha ambiant, les volutes de chicha ou de cigarettes, car les zones non fumeurs sont une vue de l’esprit.
  • Vous voilà donc installés et devinez : Patience ! Pour arriver dans le vif du sujet, il faudra attendre votre café et lentement la conversation s’acheminera vers le sujet souhaité. Comptez deux bonnes heures de disponibilité.

L’avantage : le serveur ne vous demandera pas de renouveler les boissons. Vous pouvez rester aussi longtemps qu’il vous plaira ou que nécessaire. Personne ne viendra vous harceler pour commander à nouveau.

Parfois, allez je ne vais pas médire, donc souvent, vous visiterez le cabinet d’un avocat, huissier, architecte, comptable … Là aussi prenez votre mal en patience. L’un est encore au tribunal, l’autre n’est pas arrivé, le dernier n’a pas fait sonner son réveil. Quant aux médecins bien sûr, ils ne vont pas vous soigner dans la rue. Les cabinets sont modernes et bien équipés mais attendez-vous à attendre un peu quand même. Ne comptez pas sur les journaux mis à disposition pour vous distraire, soit ils n’existent pas, soit ils sont en arabe, soit tellement vieux que la lecture ne sera pas une distraction. Le « femme actuelle » qui a 5 ou 6 ans ne présente guère d’intérêt.

Dans les administrations, à la poste, à Tunisie Télécom, Orange etc. si ticket il y a, prenez. Les files d’attente peuvent être longues, si longues qu’il arrive qu’une personne parte avec son ticket et revienne plus tard. Attention toutefois à la STEG (électricité et gaz), ça va vite et les numéros peuvent défiler car des impatients sont justement partis définitivement.

Parfois à la Municipalité où vous prenez un ticket, un ami ou une amie du préposé peut court-circuiter la file. Généralement personne ne dit rien mais le ton peut monter. J’ai vu des femmes s’énerver et crier, pas des hommes, pas encore. Là vous constaterez que la pauvre tunisienne soumise est une légende. Je ne comprends rien aux échanges, je me rends toutefois compte qu’ils sont virulents et peu importe que 50 personnes en profitent ! C’est impressionnant !

En ce qui me concerne, j’écoute de la musique avec mon Smartphone ou je lis avec ma tablette, ma liseuse. On apprend à s’organiser.

Alors les tunisiens sont-ils patients ? Oui dans l’ensemble. Plus patients et plus tolérants que les français. Sauf au volant peut-être ou le Klaxon retentit pour un oui ou pour un non mais les nombreuses fautes de conduite ne se transforment pas en bagarres. Gestes et mots suffisent généralement.

Un maître mot donc : PATIENCE !!!

Lorsque tu as entrepris quelque chose, prends patience : proverbe arabe

Peu à peu, la laine se transforme en tapis : proverbe persan.

Commerces particularismes

Les pharmacies

Pharmacie de nuit

De nombreuses pharmacies vous proposerons comme en France des médicaments et des produits d’hygiène corporelle… Il est à noter qu’il existe deux types de pharmacies, les pharmacies de jour comme chez nous et les pharmacies de nuit qui ont pour vocation à rester ouvertes toute la nuit et exclusivement la nuit. Très pratique. Pas besoin de chercher la pharmacie de garde. Ces pharmacies sont bourrées à craquer. Pas de braquage et donc pas besoin de montrer patte blanche pour y accéder.

Pharmacie

Sur le site internet suivant vous trouverez les coordonnées des pharmacies de nuit et un plan: https://www.med.tn/pharmacie/sousse/abdelhamid-meddeb-1627.html

Commerces ouverts jours et nuits ou presque !

Vous ne mourrez pas non plus de faim en Tunisie, certains fast-food et épiciers sont ouverts jours et nuits, ou vraiment très très tard, jusqu’à minuit et plus. Pas non plus cette manie comme en France de ne plus servir après 14 h dans les restaurants. Vous pouvez manger à 15 , 16, 17 h, bref quand ça vous chante. Même le matin tôt vous trouvez à déguster des lablabis (soupe de pois chiches).

Les grandes surfaces sont aussi ouvertes toute la journée, Carrefour, Magasin Général, de 8h30 à 21h30 généralement 7jours/7. Certains magasins sont fermés le lundi comme les magasins de vêtements mais pour certains ce sera un autre jour, le vendredi par exemple, jour de la prière ou le dimanche.

Les administrations sont fermées les samedi et dimanche ainsi que les banques. Leurs horaires changent l’été et pendant le ramadan.

Attention, pendant le ramadan, les restaurants n’ouvrent que le soir après l’appel à la prière, mais dans les zones touristiques, vous trouverez toujours à vous restaurer. Dans les campagnes, ce sera certainement moins facile de se sustenter.

Toujours pendant cette période, il est mal vu, même pour un étranger, de manger, boire et fumer en public.

Chez le coiffeur

Coiffeurs pour hommes et coiffeurs pour femmes. Sachez qu’ils ferment généralement le lundi.

Vous pouvez amener vos produits. Oui vous ne rêvez pas, vous pouvez prendre avec vous votre shampoing, votre démêlant et votre coloration. Il vous faudra juste payer la main d’œuvre. Sinon vous vous ferez chouchouter comme en France. Vous pouvez aussi demander l’épilation des sourcils, des soins du visage et du maquillage. Attention au maquillage, dites exactement ce que vous voulez car les esthéticiennes ont la main un peu lourde. Je me souviens d’une première expérience dans ce domaine dont je suis sortie avec la sensation d’être un pot de peinture. Il faut dire aussi que je me maquille peu.

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