Nouvelle: Le rêve d’Astara

Le rêve d’Astara: Jacqueline-Hélène Ambacher

Astara laissa son regard s’attarder sur les ruines caressées par les flots. L’alignement des colonnes lui rappelait la perfection, les couleurs du temple avant son engloutissement. L’autel émergeait encore, voué à quelque déesse marine et à un lent dépérissement.
L’aurore donnait à l’horizon des nuances pastelles aux vestiges de cette splendeur passée, où les prêtres déambulaient entre litanies, évocations et les fidèles entre lamentations et génuflexions. Le clapotis des vagues sur les pierres déjà verdies par les algues, rependait une musique lancinante.
Elle se surprit à sourire. La destruction donnait de la beauté aux pierres, une beauté sublimé par l’image du souvenir. Beauté tragique. Beauté envoutante. Beauté dramatique.
Un homme approchait. Elle eut le sentiment de sa présence avant d’entendre sa voix. Son cœur s’emballa fugitivement. Elle ne se tourna pas vers lui, de peur qu’il ne se dissolve dans un songe. Les mots frappèrent le silence. Non elle ne connaissait pas cette voix, un voyageur peut-être. Une brève déception l’envahit. Elle ne bougea pas.

⦁ Es-tu une princesse ?

Cette entrée en matière la surprit, elle ne détourna cependant pas les yeux de la mer.

⦁ Une princesse sans royaume ? Je n’ai jamais été une princesse, ni dans le titre, ni dans le cœur d’un amant. Si je l’avais été, je ne serai pas là, assise sur ce rivage, enveloppée de ma solitude, à contempler la fragilité des œuvres que les croyants croyaient immuables. J’ai prié entre ces murs.
⦁ Qui priais-tu ?
⦁ Vénus, Tanit, Aphrodite, Isis, une déesse aux multiples noms, qu’importe. Je cherchais à travers ces errances à encrer mon propre vagabondage dans le cœur d’un mortel. Je courais après une chimère dans un éternel égarement.
⦁ Une autre Didon ?
⦁ Didon est entrée dans l’éternité, je ne peux me comparer à une légende. Ce serait pure vanité. Une Didon réincarnée, la pauvre, elle m’en voudrait ! Didon a trouvé la cité nouvelle, elle lui a donné sa vie. Un sacrifice. Je ne suis pas prête à me sacrifier.

Astara rit de bon cœur.

⦁ Qui es-tu pour m’interroger ainsi ? reprit Astara
⦁ Un voyageur qui admire ta beauté… si belle
⦁ Si triste
⦁ Si belle que le soleil pâlit à ton éclat

Rires

⦁ Comment pourrais-je croire un tel flatteur. Des mots qui s’envolent. Bientôt, je vais devenir ta propriété quand tu m’appelleras MA belle. Je n’appartiens à personne.
⦁ Mensonges !

Un éclat de colère traversa les yeux d’Astara.

⦁ Cesse !
⦁ Ne te fâche pas princesse. Je sais que je ne suis pas l’être aimé.
⦁ Non, tu ne l’es pas et tu le seras jamais. Va débiter ailleurs tes fadaises, tes sornettes, tes compliments grossiers… tes… Je connais les promesses des hommes et leur trahison mieux que quiconque. Des futilités qui s’envolent au vent, que d’autres remplacent pour s’effacer à leur tour.

Elle soupira.

⦁ Princesse, quitte ce désenchantement, il ne te sied pas. L’amertume ne doit pas chasser les espoirs
⦁ Quels espoirs ? Regarde autour de toi, le paysage n’est que ruines. La terre a tremblé, grondé, vacillée puis s’est enfoncée dans les flots. Elle me ressemble tant. Plus loin la terre a brûlé, les maisons se sont écroulées. Les animaux, les habitants ont fui. Ma famille a été happée par la mort. Que du désespoir !
⦁ Non, la vie renait toujours des cendres. Tant qu’un homme et une femme survivent, l’espoir s’enracine, grandit, donne d’autres élans. Princesse, tes yeux sont gris de larmes invisibles pourtant tu aimes.
⦁ Et pourtant, pourtant, je n’aime que lui… en chansons, en déraisons, en incertitudes, en…. Je perds les mots. Je m’immole à la solitude.
⦁ Il manque de la légèreté à ta vie.
⦁ Alors dansons, la danse est légère et toi chante.

Astara se leva et tourbillonna dans un flot de jupes multicolores, ces pieds nus s’enfonçant dans le sable. L’homme resta muet alors sa voix s’éleva :

⦁ Que de baisers perdus qui ne reviendront plus

Elle ralentit le rythme de son cœur pour coller à la mélancolie de la mélodie puis doucement cessa tout mouvement, laissant le vent jouer dans sa chevelure.

⦁ Tu ressembles à une proue de navire ainsi, face à la mer. Pourquoi l’aimes-tu ?
⦁ Doit-on donner des raisons à l’amour ? Existe-t-il des raisons à l’amour ? Je pourrais t’en donner mille et n’en retenir aucune. L’amour est. Au commencement était l’amour, l’amour de Dieu pour ses créations, l’amour d’Adam et Eve… l’amour. Quand je dansais, je t’ai vu blanc, noir mêlés.

Elle lui fit face et écarquilla les yeux, surprise. L’homme était à moitié noir, à moitié blanc dans une parfaite symétrie.

⦁ Tu ne peux exister !
⦁ Je suis un métamorphe.
⦁ Oh alors mon rêve s’achève, je vais me réveiller dans mes draps fleuris. Adieu songe.
⦁ La créature prit une couleur unie, une peau ambrée, des cheveux parsemés de fils blancs et sourit, espiègle.

Astara rit, et riait encore quand le métamorphe disparut. Elle se remit à danser, d’une danse endiablée. Ses cheveux volaient, ses jupes volaient, son esprit volait dans une folle gaieté, une gaieté débridée sous les yeux indulgents de la terre, de la mer, des colonnes, de l’autel de sa vie.
Ces bracelets tintaient, son rire tintait. Elle était source, bonheur, présent, amour, charme, ange d’un jour.
Elle sortit du rêve, heureuse de l’avoir rencontré. D’autres nuits les avaient déjà réunis. Elle en espérait d’autres.

Un homme, assis, à son bureau sourit à la vision d’une femme dans le soleil, cheveux au vent… elle traversa sa pensée telle une promesse, une caresse. Il abandonna un instant ses dossiers pour son doux parfum.

Le corps de ma mère

Le corps de ma mère de Fawzia Zouari, prix de littérature des cinq continents de la francophonie

Ce livre a été publié aux éditions Joëlle Losfeld en 2016. L’auteure se penche sur la vie de sa mère, une mère presque muette, indifférente, lointaine, dure, à la personnalité si énigmatique. Il lui aura fallu la révolution tunisienne dite des jasmins pour prendre la plume. Cette femme mystérieuse, Yamna, allongée sur son lit d’hôpital, elle voulait en percer le mystère. Fawsia a enquêté, interrogé les membres de sa famille, désespéré devant le silence qui l’a entourée et oppressée. Elle voulait absolument savoir, elle, la française d’adoption.

Confidences murmurées

La sœur de Fawzia lui a confié alors, que leur mère veuve depuis longtemps et quasiment mourante, aveugle, s’était entichée d’un homme, le gardien d’immeuble. Cet amour platonique l’obsédait et la ressuscitait quelque peu mais était-ce bien un amour ? Quel jeu jouait-t-elle ? De muette, elle serait devenue prolixe. « Et puis un beau jour, elle (Yamna) s’est lancée dans une tirade émaillée de maximes. Ils deviendront son mode d’expression. Elle déclamait… » Rien cependant n’éclairait son passé, la vie de cette femme qui disait « On peut tout raconter ma fille, la cuisine, la guerre, la politique, la fortune; pas l’intimité d’une famille. Allah a recommandé de tendre un rideau sur tous les secrets, et le premier des secrets s’appelle la femme! »

Révélations

Fawzia, vaincue, décide de repartir en France. La bonne de sa mère Naïma, personne vivant dans l’ombre, et tout aussi silencieuse, que la femme qu’elle a servie toute sa vie, prend la parole. Fawsia découvre alors que sa mère a lutté toute sa vie, dans une société patriarcale, pour rester la femme unique, interdisant à son mari, par tous les moyens, de prendre une deuxième épouse. Cette mère aura élevé ses filles en leur enjoignant de se taire, de protéger leurs hymens et de fuir les hommes. Quelles douleurs la façonnaient ?

Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman. Il renvoie au désir de se plonger dans le passé, dans ses racines afin de donner un sens à sa propre vie ; vous n’en sortirez pas indemne! Vous voyagerez dans les méandres des secrets d’une bédouine matriarche, d’une époque révolue rentrée dans l’histoire, et vous vous interrogerez sur votre propre vie. Qui était ma mère? Qui suis-je?

Fawsia Zouari

Fawzia Zouari est née le 10 septembre 1955 à Dahmani en Tunisie et est une écrivaine, journaliste tunisienne. Son père est un cheikh, propriétaire terrien et juge de paix. Elle est la première des filles à ne pas être mariée adolescente et à pourvoir mener des études à Tunis puis Paris. Elle est Docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne. Vous trouverez son livre, digne des récits des mille et une nuits, dans diverses éditions et en format numérique.

Elissa, la reine vagabonde

Elissa, la reine vagabonde

Elissa, antique et moderne

Fawsi Mellah dans ce roman « Elissa, la reine vagabonde » se réapproprie l’histoire de la souveraine légendaire, fondatrice de Carthage. Il abandonne la reine Didon de la mythologie gréco-romaine pour la punique Elissa. Son héroïne devient l’héritière de toutes les civilisations qui se sont succédé sur le sol tunisien ; elle est phénicienne, berbère, romaine, byzantine, vandale, andalouse, ottomane, française… jamais islamique.

Elissa se confie dans des tablettes destinées à son frère Pygmalion, dont le grand-père de l’auteur puis l’auteur tentent le déchiffrage, la remise en ordre. Elle raconte qu’évincée du pouvoir de Tyr, son mari grand prêtre assassiné, elle a dû prendre la mer avec 10 navires à la recherche d’une nouvelle terre, d’un nouvel espoir. Elle affronte les difficultés de la vie à bord, résout les conflits, les soucis d’approvisionnement…

Une escale Sabratha :

Elissa s’arrête à Sabratha sur la côte libyenne. Le peuple qui l’accueille est généreux, chaleureux, pacifique. Elle découvre avec étonnement que les autochtones connaissent les sons dont on fait la musique, tout en ignorant la composition et l’émotion. Ils sont émerveillés à l’écoute d’un chant phénicien et offrent à la reine et ses compagnons le spectacle de la nuit du sacre éphémère. En effet ce peuple est sans gouvernement. Elissa reste sidérée devant la sagesse de cette communauté. En contrepartie des secrets de la mer, de l’art de la guerre et la composition du coaltar (goudron) pour les navires, ils offrent à ces étrangers le traité d’agronomie et d’agriculture. Elissa écrit alors : « ce n’est pas le quotidien des hommes qui m’intéresse mais leurs mystères ».

Tragique Elissa !

Je ne peux que vous conseiller ce très beau livre, cette fuite sur la mer, les découvertes d’autres civilisations, d’autres coutumes. Volez sur les flots avec Elissa l’unique, la veuve courageuse, glorieuse, vers son destin tragique de Chypre à Sabratha, Hadrumète, pour enfin accoster sur cette côte merveilleuse où « Quart Hadasht, la ville nouvelle sera fondée ; là son destin se scellera. Suivez le périple de cette femme exceptionnelle, attachante, tragique dans sa quête : « Au commencement était un rêve, et ce fut le départ de l’errance ». « Rêver une ville. Imaginer un ordre, le concevoir et oser croire qu’il sera établi par la seule force du rêve ». Elissa imagine Quart Hadasht « telle une perle » dont « la politique doit moins aux lois, aux décisions du prince qu’aux mythes et aux images. »

Elissa est l’histoire, le mythe et la fiction.

Fawsi Mellah

Fawsi Mellah est né à Damas en Syrie en 1946. Journaliste et écrivain de nationalité tunisienne et d’expression française, il a étudié les lettres, la philosophie et le droit à l’université de Lausanne. Dès ses débuts, il s’est illustré par des écrits engagés et critiques. Il est maintenant universitaire à Genève en Suisse.

Ses œuvres :

  • 1973 : Néron, ou les oiseaux de passage suivi de Pourquoi jouer Néron ? (théâtre)
  • 1975 : Le Palais du non-retour (théâtre)
  • 1985 : De l’unité arabe : essai d’interprétation critique (essai), éd. L’Harmattan, Paris
  • 1987 : Le Conclave des pleureuses (récit), éd. du Seuil, Paris
  • 1988 : Elissa, la reine vagabonde (roman), éd. du Seuil, Paris
  • 2000 : Clandestin en Méditerranée (reportage), éd. Le Cherche midi, Paris
  • 2009 : Le Transfert des cendres (roman), éd. Bénévent, Paris

Elissa, la reine vagabonde se trouve aussi dans un collectif de la collection Omnibus : « Carthage : le rêve en flammes » Presse de la cité 1993 à côté de « Salammbô » de Gustave Flaubert, « Les mercenaires » de Léon Cahun, « La dernière galère » de Sir Arthur Conan Doyle, « Les vierges de Syracuse » de Jean Bertheroy et bien d’autres grands manuscrits.

Emel Mathlouthi: plus qu’une chanteuse engagée !

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Emel est une chanteuse tunisienne née en 1982 à Tunis que j’ai découverte sur YouTube au hasard de mes pérégrinations et que j’ai aimée d’emblée. Sa musique correspond à ce que je cherchais depuis un moment déjà, et que je découvre sa nationalité m’a ravie puisque je peux vous parler de son talent. Ayant du point de vue musical des gouts très éclectiques, je suis passée de la variété russe à Emel !

Mais parlons d’Emel. Enfant, à Tunis, elle n’a déjà qu’une passion la musique; elle se réveille dans les notes de Vivaldi. Plus tard, elle découvre les Pink Floyd, Joni Mitchell, Joan Baez, Chikh Imam (égyptien), Marcel Khalifa (libanais) et bien d’autres artistes encore…

Elle n’envisage pourtant pas des études musicales, démarre un cursus d’architecture, une prépa d’école d’ingénieurs, bifurque vers le graphisme. Elle crée son groupe métal « Idiome » qui se produit à l’insu de ses parents et surtout de sa mère « Ce n’était pas bien pour une jeune fille d’être chanteuse ». Vis à vis de ses parents, elle opine donc du bonnet mais poursuit son chemin et se fait un nom sur les réseaux sociaux.

Cette jeune femme auteure-compositrice est une artiste engagée qui a d’abord été révélée par le public. Lors de la révolution arabe de 2011, elle est en Tunisie pour une série de concerts.

En janvier 2012, elle sort son premier album studio, « Kelmi Horra », Ma parole est libre.

En 2013, elle écrit une nouvelle chanson intitulée « Ma Katlou Had » : Personne ne l’a tué, en hommage à l’opposant politique Chokri Belaïd assassiné en février de la même année. Toujours en 2013, elle participe à un concert à Téhéran en Iran, pays où les femmes n’ont plus le droit de chanter seules, sans la présence d’hommes qui couvrent leurs voix !

En 2015, elle chante à Oslo en Norvège pour la remise du prix Nobel de la paix au « Quartet du dialogue national tunisien » qui a œuvré pour la démocratisation du pays.

Plus récemment en 2017, la chanteuse tunisienne est écartée de la programmation du Festival International de Carthage, après des mois de travail autour d’une œuvre originale. Sous la pression du public et des médias, elle réintègre la liste des artistes et se produit le 12 août ; c’est une victoire pour la liberté d’expression. Elle souhaite d’ailleurs tourner un documentaire retraçant son combat : « Ce concert impossible »

La même année, elle crée son second album « Ensen », Humain, sous le label Parsisan Records. Pour ce nouvel opus, elle s’entoure de l’ingénieur du son et compositeur islandais Valgeir Sigurosson.

Emel se nourrit de rock, de métal, de trip-hop et de tradition. En mars 2017, le Metropolitan Museum de New York la sollicite pour un concert avec d’autres artistes étrangères. Elle découvre alors stupéfaite que le concert est intitulé « Muslim women’s voices » : Voix de femmes musulmanes. « Est-ce que les chanteurs blancs sont ainsi définis ? Non on va saluer leur audace musicale et artistique sans se soucier de leurs origines ! s’insurge-t-elle. « Je voudrais, de la même manière que l’on donne de la considération pour ma voix, que l’on ne me regarde pas, sous prétexte que je viens de Tunisie, sous le prisme de l’orientalisme, de l’exotisme ou de la militante engagée. », même si elle revendique ses combats. Elle bataille tant et tant que le concert s’intitulera finalement « Women’s voices ».

En 2018, elle participe au Festival International des Nuits d’Afrique à Montréal.

Les paroles de sa chanson culte :

Kelmi Horra : Ma parole est libre

Je suis ceux qui sont libres et n’ont pas peur

Je suis les secrets qui ne mourront jamais

Je suis la voix de ceux qui n’abandonneront pas

Je suis la raison au sein du chaos

Je suis le droit des opprimés

Qui est bradé par ces chiens

Qui privent le peuple de leur pain quotidien

Et claquent la porte au nez des idées

Je suis ceux qui sont libres et n’ont pas peur

Je suis les secrets qui ne mourront jamais

Je suis la voix de ceux qui n’abandonneront pas

Je suis libre et ma parole est libre

Je suis libre et ma parole est libre

N’oubliez pas le prix du pain

Et n’oubliez pas les causes de notre misère

Et n’oubliez pas qui nous a trahi quand nous étions dans le besoin

Je suis ceux qui sont libres et n’ont pas peur

Je suis les secrets qui ne mourront jamais

Je suis la voix de ceux qui n’abandonneront pas

Je suis le secret de la rose rouge

Dont la couleur était aimée des années

Dont le parfum a été immergé par les rivières

Et qui a pris tel un feu

Appelant ceux qui sont libres

Je suis étoile brillant dans la nuit

Je suis épine dans la gorge de l’oppresseur

Je suis vent touché par le feu

Je suis l’âme de ceux qui ne sont pas oubliés

Je suis la voix de ceux qui ne sont pas morts

Changeons l’acier en argile

Dont nous façonnerons un nouvel amour

Qui deviendra oiseau

Qui deviendra foyer

Qui deviendra vent et pluie

Je suis tous les hommes libres rassemblés

Je suis comme une balle de fusil

Je suis tous les hommes libres rassemblés

Je suis comme une balle de fusil

Traduction de Faëriel que vous trouverez ici https://lyricstranslate.com/fr/ma-parole-est-libre-كلمتي-حرة-kelmti-horra-ma-parole-est-libre.html

Ecoutez Emel Mathlouti ici https://www.youtube.com/watch?v=wJ79iEfus8E Kelmti Horra

et une chanson que j’adore :https://www.youtube.com/watch?v=s1ffomwojRI Oum ezzin el Jamaliya

Voilà une artiste de caractère à suivre et surtout à écouter.

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