Virginité en Tunisie

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 Marialeina Illustratrice

Ne touchez pas au fruit défendu !

Si en Europe, tout le monde se moque de ce détail, chacun et chacune essayant de s’en débarrasser au plus vite et même parfois 18 années semblent être un âge canonique pour éliminer cette petite chose appelée virginité ; il n’en va pas de même en Tunisie où la sexualité est un sujet tabou.

Oui, il existe des femmes encore vierges à 30 ans, 40 ans et 50 ans… La virginité est sacralisée comme chez nous à d’autres époques.

Comment la nuit de noce se déroule-t-elle dans un tel contexte ?

1 – L’hymen rompu sans saignement. Qu’en est-il des femmes dont l’hymen est élastique ? et ne saigne pas, ce qui est fréquent ! Le marié peut emmener le lendemain sa femme chez le gynécologue pour vérifier si elle était vierge ou pas. Imaginez un peu le ressenti de la jeune mariée ? Pas de mots pour décrire cette suspicion. Comment peut-on construire une relation de confiance dans le couple sur de telles bases ? Ça commence vraiment mal. Tout ceci par un manque de connaissance du corps, d’éducation sexuelle, etc.

2 – L’hymen trop résistant : D’autres éprouveront la honte de leur vie à cause d’un hymen ultra résistant (et un conjoint un peu brutal car inexpérimenté ou incompétent) qui lors de sa rupture provoquera une hémorragie et un départ en catastrophe chez un médecin. Pas mieux !

3 – L’hymen « normal »: Enfin, il existe les cas «  normaux », un léger saignement avec l’exposition d’un drap le lendemain, où dans d’autres familles, le fait d’allumer une bougie à la fenêtre pour signifier que tout c’est bien passé : vraiment ?

Cette sacralité de la virginité de la femme persiste surtout dans les milieux ruraux mais tout dépend des familles. En ville aussi, les traditions perdurent.

Qu’en est-il des hommes ? « Ils se considèrent comme étant les plus concernés par la question, tant l’hymen de la future épouse est conçu comme un capital dont ils sont les détenteurs légitimes » explique Raoudha El Guédri, sociologue ayant écrit une thèse sur « les usages sociopolitiques du corps dans la Tunisie post-révolutionnaire (2011_2014) ».

Bref vous aurez compris, la pression familiale, traditionnelle, religieuse est très forte. Un certificat de virginité peut même être demandé par le futur mari ! Le comble de l’archaïsme et du soupçon !

De plus, le fait que les relations sexuelles soient un sujet tabou, entraine des comportements « illégitimes ».

-Parlons d’abord de l’hyménoplastie, il s’agit de l’acte médical qui permet à la femme via une chirurgie plastique de retrouver une seconde virginité ! Beaucoup d’hommes préfèrent ne pas aborder le sujet, certains disent pouvoir distinguer un vrai hymen d’un faux. Ils pratiquent alors la politique de l’autruche, il vaut mieux un faux hymen que  savoir que leur compagne est déflorée. L’affaire est complexe ! Ces messieurs veulent épouser des vierges mais ont eu des relations sexuelles avec des femmes de leur âge avant, donc ils se doutent bien qu’il existe des chances que leurs compagnes aient perdu leur virginité quelque part.

-Autre moyen de détourner la virginité est d’avoir recours à la sodomie, entre autres attouchements. La pratique est beaucoup plus courante que certains ne le pensent. La future épousée doit rester vierge à tout prix !

– Les hommes peuvent avoir aussi lors de leur première expérience sexuelle avoir recours à une prostituée. Quelle misère ! Ceci existait encore beaucoup en France dans les années 50.

« Il ne faut pas imaginer que les Tunisiennes sont toutes émancipées sexuellement et assument leur sexualité, certaines d’entre elles sont conduites à des pratiques sexuelles (avec ou sans défloraison) pour satisfaire leurs bien-aimés, ce qui se traduit par des rapports de genre inégalitaires au profit de l’homme, sous différentes formes de contraintes. Il n’existe pas également de liens automatiques entre profils socio-économiques (niveau d’instruction, appartenance à une classe sociale, origine géographique…) et attitudes/pratiques face à la question de la virginité », conclut la sociologue Raoudha El Guédi.

Cette constance du sexe tabou mène les jeunes à chercher d’autres moyens de se renseigner, d’assouvir leurs pulsions, et quoi de mieux ou plutôt de pire qu’internet. Internet, ce sont les sites pornographiques consultés régulièrement et qui donnent une vision tronquée de l’acte sexuel. Il est bien plus mauvais pour des jeunes sans expérience de visionner des vidéos que ne correspondent en rien à la réalité de l’acte sexuel, que d’avoir une vraie éducation sexuelle dans le cadre scolaire ou familial. Rien de réel dans tout cela mais une schématisation dangereuse où la femme joue encore le mauvais rôle, celui d’un objet. Elle sera finalement traitée comme les actrices de ces films X. L’homme, quant à lui, aura peur de ne pas être à la hauteur !

Tout cela conduit à des troubles sexuels divers aussi bien chez la femme que chez l’homme.

  • Pour la femme, le vaginisme est alors fréquent. Le vaginisme est une contraction musculaire prolongée ou récurrente des muscles du plancher pelvien qui entourent l’ouverture du vagin. Cette action réflexe, involontaire et incontrôlable, empêche de façon persistante toute pénétration vaginale. Hind Elloumi, psychiatre et sexologue explique : « Si les troubles sexuels existent partout, leur cause diffère selon la culture qui prévaut dans une société donnée. Le vaginisme par exemple, peut être la conséquence d’une mauvaise expérience pour une femme libérée sexuellement mais il est généralement la conséquence d’une propulsion soudaine et non préparée d’une fille dans la vie sexuelle après le mariage. De la chasteté inculquée et prônée avant le mariage à la répression des pulsions sexuelles, la femme se trouve du jour au lendemain amenée à avoir une vie sexuelle sans être armée de suffisamment d’informations en la matière si ce n’est des anecdotes racontées par les amies et les cousines ».
  • Pour l’homme, ce seront des troubles érectiles d’origine psychosomatique induits par le même manque d’informations et tout aussi graves.

En Tunisie, le rythme des relations sexuelles au sein des couples mariés est plus bas que ceux hors mariage. Cherchez l’erreur ! Peut-être un mauvais départ ! Que d’histoires pour un petit bout de chair insignifiant et que de conséquences psychologiques à gérer aussi bien pour les hommes que pour les femmes !

Il faut espérer que dans certains cas de personnes plus « modernes », tout se passe au mieux dans le meilleur des mondes !

Donc voyageurs, ne parlez pas de sexe à tort et à travers, ce ne sera vraiment pas bien vu, pudeur vraie ou fausse à respecter !

Ciel nuageux de jeunes mariés !!!

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