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Elissa, la reine vagabonde

Elissa, la reine vagabonde

Elissa, antique et moderne

Fawsi Mellah dans ce roman « Elissa, la reine vagabonde » se réapproprie l’histoire de la souveraine légendaire, fondatrice de Carthage. Il abandonne la reine Didon de la mythologie gréco-romaine pour la punique Elissa. Son héroïne devient l’héritière de toutes les civilisations qui se sont succédé sur le sol tunisien ; elle est phénicienne, berbère, romaine, byzantine, vandale, andalouse, ottomane, française… jamais islamique.

Elissa se confie dans des tablettes destinées à son frère Pygmalion, dont le grand-père de l’auteur puis l’auteur tentent le déchiffrage, la remise en ordre. Elle raconte qu’évincée du pouvoir de Tyr, son mari grand prêtre assassiné, elle a dû prendre la mer avec 10 navires à la recherche d’une nouvelle terre, d’un nouvel espoir. Elle affronte les difficultés de la vie à bord, résout les conflits, les soucis d’approvisionnement…

Une escale Sabratha :

Elissa s’arrête à Sabratha sur la côte libyenne. Le peuple qui l’accueille est généreux, chaleureux, pacifique. Elle découvre avec étonnement que les autochtones connaissent les sons dont on fait la musique, tout en ignorant la composition et l’émotion. Ils sont émerveillés à l’écoute d’un chant phénicien et offrent à la reine et ses compagnons le spectacle de la nuit du sacre éphémère. En effet ce peuple est sans gouvernement. Elissa reste sidérée devant la sagesse de cette communauté. En contrepartie des secrets de la mer, de l’art de la guerre et la composition du coaltar (goudron) pour les navires, ils offrent à ces étrangers le traité d’agronomie et d’agriculture. Elissa écrit alors : « ce n’est pas le quotidien des hommes qui m’intéresse mais leurs mystères ».

Tragique Elissa !

Je ne peux que vous conseiller ce très beau livre, cette fuite sur la mer, les découvertes d’autres civilisations, d’autres coutumes. Volez sur les flots avec Elissa l’unique, la veuve courageuse, glorieuse, vers son destin tragique de Chypre à Sabratha, Hadrumète, pour enfin accoster sur cette côte merveilleuse où « Quart Hadasht, la ville nouvelle sera fondée ; là son destin se scellera. Suivez le périple de cette femme exceptionnelle, attachante, tragique dans sa quête : « Au commencement était un rêve, et ce fut le départ de l’errance ». « Rêver une ville. Imaginer un ordre, le concevoir et oser croire qu’il sera établi par la seule force du rêve ». Elissa imagine Quart Hadasht « telle une perle » dont « la politique doit moins aux lois, aux décisions du prince qu’aux mythes et aux images. »

Elissa est l’histoire, le mythe et la fiction.

Fawsi Mellah

Fawsi Mellah est né à Damas en Syrie en 1946. Journaliste et écrivain de nationalité tunisienne et d’expression française, il a étudié les lettres, la philosophie et le droit à l’université de Lausanne. Dès ses débuts, il s’est illustré par des écrits engagés et critiques. Il est maintenant universitaire à Genève en Suisse.

Ses œuvres :

  • 1973 : Néron, ou les oiseaux de passage suivi de Pourquoi jouer Néron ? (théâtre)
  • 1975 : Le Palais du non-retour (théâtre)
  • 1985 : De l’unité arabe : essai d’interprétation critique (essai), éd. L’Harmattan, Paris
  • 1987 : Le Conclave des pleureuses (récit), éd. du Seuil, Paris
  • 1988 : Elissa, la reine vagabonde (roman), éd. du Seuil, Paris
  • 2000 : Clandestin en Méditerranée (reportage), éd. Le Cherche midi, Paris
  • 2009 : Le Transfert des cendres (roman), éd. Bénévent, Paris

Elissa, la reine vagabonde se trouve aussi dans un collectif de la collection Omnibus : « Carthage : le rêve en flammes » Presse de la cité 1993 à côté de « Salammbô » de Gustave Flaubert, « Les mercenaires » de Léon Cahun, « La dernière galère » de Sir Arthur Conan Doyle, « Les vierges de Syracuse » de Jean Bertheroy et bien d’autres grands manuscrits.

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Musée Dar Am Taïeb

Musée d’art contemporain Dar AM Taïeb

Le musée est une véritable surprise. Du sol au plafond, vous irez de découvertes en découvertes. Nous sommes ici dans l’improbable, l’extravagance, l’art qui prend le moindre objet anodin pour en créer autre chose, une oeuvre. C’est sublime, délirant, déchirant. Personne ne peut rester indifférent à ces milliers de créations, à ce foisonnement surprenant.

L’artiste Taieb Ben Hadj Ahmed a accumulé des centaines, non des milliers de souvenirs, d’expériences personnelles qui forment une véritable cité des arts. Si vous êtes intéressé, il vend des sculptures.

Ce musée est situé rue Ali Ben Ghdehem 4002  Cité Ezzahra Sousse Tél.: 216 73 234 081 email: contact@daramtaïeb.net. L’entrée est à 10 dinars pour les adultes, 5 pour les enfants. Il est ouvert de 9 heures à 19 heures. Si vous y allez à l’improviste, n’hésitez pas à sonner aux 2 portes et à patienter un peu. Une charmante hôtesse vous guidera et à la fin de la visite, vous pourrez déguster un thé ou un café avec des petits gâteaux. Certainement afin que nous nous remettions de notre surprise avant de regagner le monde réel !

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Musée Dar Essid 2ème partie

Musée Dar Essid: une maison traditionnelle

Cette maison de notables mélange différentes époques et styles, le XIXème siècle y est très présent, ainsi que des décors traditionnels beaucoup plus anciens. Nous avons vu lors de la première partie que l’influence européenne se mêle intimement à l’habitat tunisien.

A l’étage, vous trouverez la salle de bain et les deux cuisines, une petite et une grande.

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La salle de bain : l’eau coule du mur en provenance d’un puits situé dans la maison des serviteurs. Le marbre de la baignoire provient de Carrare en Italie.

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Dans la petite cuisine, tous les murs sont recouverts de céramiques andalouses, c’est ici qu’étaient préparés le thé et le café.

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En passant dans un petit patio, vous pénétrez dans la grande cuisine, là où les serviteurs préparaient tous les repas de la maison. Deux d’entre eux manipulaient les ustensiles en cuivre ou en bois de grande dimension (certains ont 4 siècles)  et les déposaient sur un grand fourneau à charbon de bois d’olivier recouvert de céramiques andalouses et de marbre de Carrare. Les jarres contenaient l’huile, la semoule de couscous….

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Ensuite vous pouvez emprunter l’escalier en colimaçon de la tour qui mène à une autre pièce d’habitation et au sommet, nous contemplerez une vue panoramique de Sousse.

C’est une très belle visite à effectuer absolument !

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Musée Dar Essid 1ère partie

Musée Dar Essid: une maison traditionnelle

Plan

Vous trouverez facilement le musée en logeant les remparts, numéro 13 sur le plan.

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Ce très joli musée se situe dans la Médina de Sousse. Il s’agit de la demeure traditionnelle d’un notable soussien. La très belle porte de la maison, grande et ouvragée était autrefois un signe de richesse. Elle est agrémentée de différents symboles se rapportant à la fois à l’histoire islamique et à l’influence chrétienne.

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La première pièce où l’on achète les billets à gauche (4 dinars par personne à ce jour) était destinée aux visiteurs étrangers, à tous ceux que la famille connaissait à peine. En effet, ils ne devaient pas voir les femmes de la maison.

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Côté droit de cette pièce:

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Ce vestibule donne sur un patio très vaste dont les murs sont entièrement décorés de carreaux de faïence.

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La date de construction de la maison se situe au-dessus de la porte de la deuxième femme : 928 après J.C. (photo ci-dessus). Tout autour des portes se trouvent aussi bien des symboles chrétiens que juifs. Cette cour compote trois portes ouvrant sur trois chambres, deux ordinaires en face et à gauche et une troisième plus majestueuse à droite dont le portique est plus imposant. Chaque chambre est conçue comme un petit appartement plus ou moins autonome avec salon (majless), et alcôves.

Ci-dessous porte de la chambre principale:

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Les rideaux rouges devant le lit des enfants sont en cachemire et ont plus de 300 ans.

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Bonne visite !

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Un petit restaurant à Sousse

Restaurant Tabouna, Khezma Sousse

Aujourd’hui, je vous livre mon expérience culinaire, un petit restaurant/fast food qui s’appelle « Tabouna ». Tabouna c’est le pain traditionnel tunisien plat, à base de semoule et vraiment délicieux surtout à la sortie du four quand il est encore bien chaud.

Ce restaurant propose des mlawis, (sorte de galette) des tacos, des galettes au blé complet , des corners … agrémentés de thon, escalopes, shawarmas (ressemble à la viande des kebabs français) and so on. Outre que c’est délicieux, le décors vaut le détour. Même les assiettes fleurissent bon la Tunisie ou plutôt, devais-je dire, le plat individuel.

L’adresse : Rue Imam Mouslem Khezma West Sousse : contact : 27 77 11 05

Je vous laisse apprécier !

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Mlawi shawarma avec des variantes (olives et légumes au vinaigre), des frittes et les sauces. Pour vous donnez une idée des prix, mon mlawi 4,2 dinars

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Galette complète, garniture escalope d’une amie

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Gentillesse, serviabilité, hospitalité…

Gentillesse, serviabilité, hospitalité… une après-midi à Hammam-Sousse

L’après midi était ensoleillé et j’avais rendez-vous avec Amira, une jeune amie afin qu’elle fasse la promotion de son activité : professeur de français, mais un professeur un peu spécial qui s’adressera à des enfants de 6 à 14 ans et qui enseignera à travers la réalisation d’activités ludiques : cuisine, jardinage, médiation, yoga, jeux, chansons… vous pouvez d’ailleurs la joindre ici : frenchpassiontn@gmail.com.

En l’attendant, je flânais dans le magasin Guérisold, vaste friperie du rond-point de Menchia ayant la flemme d’aller plus loin. A force de regarder et de voguer de portants en portants, je trouvais 2 ou 3 choses que j’essayai et deux que j’achetai, à 2 dinars pièce, je ne m’étais pas ruinée.

Après nous devions nous retrouver devant la poste où était installé un podium. Là elle fut invitée à se promouvoir. Mon amie s’était maquillée et était joliment vêtue pour la circonstance. J’avais moins aussi posé une pointe de mascara et d’ombre à paupières sur mes yeux. Avant sa prestation, nous avions rejoint une très aimable bibliothécaire Feten que je connais étant inscrite à sa bibliothèque, et qui est de plus une parente d’Amira.

Le petit speach commencé en français et poursuivit en arabe, mon amie distribua des flyers.

Maison de la culture de Hammam-Sousse

Danse, théâtre, peinture à Hammam-Sousse

Puis Feten, nous entraîna vers la maison de la culture à 2 pas de là, afin qu’Amira puisse présenter son activité. Nous voilà passant de bureau en salles, à chaque fois très aimablement reçues, faisant parfois la bise (à de parfaites inconnues). Le directeur, charmant, que je trouvai très bien de sa personne, puis des professeurs, hommes ou femmes occupant différentes salles, proposent des ateliers de peinture « classique », peinture sur soie, sur verre, théâtre pour adulte, théâtre pour enfant, danse pour enfants et adolescents. Quand je dis « dommage, rien pour adulte » au club de danse, le jeune homme qui nous recevait nous indiqua, qu’en fait le cours ado, était aussi pour les plus avancés en âge ! Bref j’étais un peu surprise de découvrir tout cela et bien tentée par la danse. Feten, petite femme souriante et serviable nous a emmenées partout avec la même gentillesse du début à la fin. Je ne parlerai jamais assez de la serviabilité, de la bonne humeur et de l’accueil des tunisiens et tunisiennes !

Salon de coiffure à Hammam-Sousse et petits gâteaux

Après ce vaste tour d’horizon, nous avons pris le chemin du retour, nous promenant dans les ruelles de Hammam-Sousse, jusqu’à la porte d’un salon de coiffure dont Amira m’avait parlé et que le hasard plaçait sur notre chemin. Salon, tenu par une de ses cousines. La porte ne laissait pas présager ce petit écrin, super mignon, blanc et rouge, très coquet. Je suis toujours surprise de trouver de tels lieux, à l’abri des regards mais attachants. De plus la coiffeuse est compétente et suis exactement les instructions des clientes. Quand vous dites, coupez 3 centimètres, vous ne vous retrouvez pas avec 15 centimètres de moins !

Nous nous sommes installées pour discuter un peu et par une autre porte intérieure cette fois, avons gagné la cour immense, blanche et bleue de l’habitation où la maitresse de maison vaquait à ses occupations. J’avais là l’exemple typique de la maison arabe, des pièces entourant la cour. Là après les présentations, nous avons été conviées à la dégustation d’un café et d’un gâteau. Toute la famille présente m’a été présentée dont une autre de leur fille Fatma et son mari palestinien Mohamed qui est resté deux ans aux Etats Unis et qui a aussi séjourné en France. Le jeune couple s’est connu en cours de langue dispensé par la jeune femme, monsieur continuant en Tunisie des études de journaliste.

Nous avons parlé de la Palestine où dans sa ville, vol, viol, meurtre, insécurité n’existent pas, chacun se soutenant face à des conditions de vie difficile face à Israël. Ces jeunes gens étaient visiblement amoureux, et Amira m’a indiqué après que les parents aussi s’aimaient et formaient un couple uni. D’ailleurs avant qu’elle ne me confie tout cela, je lui avait fait remarquer, l’harmonie qui semblait régner entre tous les membres de la famille. Le fait mérite d’être souligné car en Tunisie le taux de divorce est encore plus élevé qu’en France. D’ailleurs, petit aparté, je me souviens d’une première visite chez une doctoresse où la secrétaire enregistrait mes coordonnées et me demandait ma situation familiale. J’avais répondu « divorcée » et cette femme sympathique de renchérir : « ici en Tunisie, on se marie au printemps et on divorce en automne ! » J’avais bien ri.

Des petits riens qui font tout

Après un au revoir, nous voici déambulant dans les rues, levant le nez au ciel vers les chaussures accrochées sur les fils électriques. Incongru d’en voir autant ! et rentrant doucement chacune à son domicile.

Une journée comme je les aime où presque rien n’avait été planifié mais où la découverte des autres est un enrichissement.

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Sidi Bou Saïd

Sidi Bou Saïd est LE village de Tunisie qu’il faut visiter. Dominant la mer, il aligne les maisons blanches et bleues, aussi bleues que le ciel dans un air de paradis. Derrière des portes ouvragées, l’imagination s’envole vers quelques belles orientales, des raffinements dignes des mille et une nuits et des patios embaumés par les jasmins, habillés des couleurs des bougainvillées et du murmure de fontaines.

Beaucoup d’artistes ont succombé au charme des ruelles étroites et pentues, au thé à la menthe agrémenté de pignons ou d’amandes. Gide, Colette, Simone de Beauvoir ont posé là leurs valises, comme Flaubert et Chateaubriand en d’autres temps. Carthage en contre bas et le petit port de pêcheurs ajoutent au charme des lieux.

Patrick Bruel n’a-t-il pas chanté le Café des Délices, là où tout est délice !

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